23 prairial an IV (11/06/1796) Quartier général de Milan - au Directoire Excécutif.
" La Municipalité de Milan, celles des principales villes de la Lombardie, m'ont manifesté le voeu de leur permettre
d'envoyer des députés à Paris.
Le citoyen SERBELLONI (1) est à la tête : il est patriote, ce qui a produit ici un effet d'autant plus avantageux qu'il
jouit d'une grande considération, étant de la première famille du Milanais et fort riche.
Ces trois députés ont manifesté leurs voeux ici contre la maison d'Autriche. Ils savent qu'il n'y aurait plus pour eux
de sûreté dans un retour.
La Lombardie est parfaitement tranquille. Les chansons politiques sont dans la bouche de tout le monde. L'on
s'accoutume ici à la liberté. La jeunesse se présente en foule pour demander du service dans nos corps ; nous
N'acceptons pas, parce que cela est contraire, je crois, aux lois; mais peut-être serait-il utile de former un bataillon
de lombards, qui commandé par des Français, nous aiderait à contenir le pays. Je ne ferai rien sur un objet aussi
important et si délicat sans vos ordres."
BONAPARTE
(1) SERBELLONI est accompagné de Carlo NICOLI et Fedele SOPRANSI

3 vendémaire an V (24/09/1796) Quartier général de Milan - au général Baraguey d'Hilliers
"Je vous prie de vous concerter avec le Congrès d'Etat et l'officier commandant le génie dans la Lombardie, pour
organiser un bataillon de pionniers, composé de cinq compagnies, fortes chacune de 120 hommes, ayant la même
paye et la même organisation, quant aux officiers, qu'un bataillon de sapeurs français.
Ce bataillon doit servir pour travailler aux fortifications de Pizzighettone, à celles de Peschiera et de Porto Legnago.
Les hommes seront pris dans les différentes provinces de la Lombardie; le Congrès d'Etat pourra se charger de la
fourniture des outils et de la confection des habits.
Il faudrait tâcher de donner une telle activité à l'organisation de ce bataillon, qu'il fût dans le cas de servir d'ici à
quinze jours.
Vous vous concerterez également avec le commissaire ordonnateur de la division et le Congrès d'Etat, pour organiser
cinq brigades de charretiers, fortes chacune de 100 hommes pour être affectées au service de l'artillerie".
BONAPARTE

3 vendémaire an V (24/09/1796) Quartier général de Milan - au chef de brigade Chasseloup-Laubat
"... Je vais faire fournir par le Milanais un corps de 500 sapeurs, qui sera employé aux travaux des places du pays. Du moment que ce corps pourra être mis en activité, vous réunirez les sapeurs de l'armée pour les organiser.
Je viens d'ordonner au commandant de la place de Bologne de former, avec les habitants du pays, cinq compagnies
de sapeurs, fortes chacunes de 120 hommes.
Je viens aussi d'ordonner au général commandant à Ferrare de former deux compagnies de sapeurs, fortes chacunes
de 120 hommes; elles
se rendront à Porto Legnago..."
BONAPARTE

3 vendémaire an V (24/09/1796) Quartier général de Milan - au général Robert commandant à Ferrare
" Je vous prie, général, de vous concerter avec la municipalité de Ferrare pour organiser deux compagnies de
pionniers de 120 hommes chacune, qui seront employées aux fortifications de Porto Legnago.
De concert avec la municipalité, vous nommerez les officiers, et elle se chargera de faire faire les uniformes de ces
deux compagnies.
Vous ferez en sorte aussi de leur procurer, le plus tôt possible, les outils nécessaires.
Même ordre au commandant de la place de Bologne, pour se concerter avec le Sénat et organiser dans tout le
Boulonais un bataillon de pionniers, composé de cinq compagnies de 120 hommes chacunes."
BONAPARTE

8 vendémaire an V (29/09/1796) Quartier général de Milan - au général Berthier chef de l'Etat-major
général de l'Armée d'Italie

"Vous autoriserez l'aide de camp Lahoz : 1° à prendre, pour la Légion, quelques officiers français qui sont surnuméraires,
et qui, de bonne volonté, voudront entrer dans la Légion ; 2° à nommer le capitaine rapporteur de la Légion et les
membres du conseil militaire surtout pour ce qui concerne le bataillon étranger.
Vous autoriserez l'administration lombarde à donner des brevets pour les officiers qui seront employés dans la Légion;
ces brevets devront être approuvés par le général en chef et le commandant de la Légion."
BONAPARTE

16 vendémaire an V (07/10/1796) Quartier général de Milan - aux habitants de Reggio
"J'ai vu avec le plus vif intérêt, braces habitants de Reggio, votre énergei et votre bravoure. Vous vous êtes lancés
dans la carrière de la liberté avec un courage et une décision qui seront récompensés par le succès. dès votre premier
pas, vous avez remporté
un avantage essentiel, et quelques uns de vos citoyens ont scellés de leur sang la liberté de
leur patrie.
Courage, braves habitants de Reggio ! formez des bataillons, organisez-vous, courez aux armes. Il est temps enfin que
l'Italie aussi soit comptée parmi les nations libres et puissantes. Donnez l'exemple, et mértitez la reconnaissance de la
postérité.
BONAPARTE,


17 vendémaire an V (08/10/1796) Quartier général de Milan - A l'Administration générale de la Lombardie
"
J'approuve le zèle qui anime le peuple de Lombardie; j'accepte les braves qui veulent venir avec nous participer à notre gloire et mériter l'admiration de la postérité; ils seront reçus par les Républicains français comme des frères, qu'une même raison arme contre leur ennemi commun. La liberté de la Lombardie, le bonheur de leurs compatriotes, seront la récompense de leurs efforts et le fruit de la victoire."
Bonaparte

18 vendémaire an V (09/10/1796) Quartier général de Milan - A Garrau Commissaire du Directoire
Excécutif à l'Armée d'Italie
"
Il faudrait, je crois, réunir un congrés à Bologne et Modène, et le colmposer des députés des Etats de Ferrare,
Bologne, Modène et Reggio.
Les députés seraient nommés par les différents gouvernements, de manière que l'assemblée fut composée d'une
centaine de personnes. Vous pourriez faire la distribution proportionnée à la population, en favorisant un peu Reggio.
Il faudrait
avoir soin qu'il y eût parmi ces députés des nobles, des prêtres, des cardinaux, des négociants, des
hommes de tous les états, généralement estimés et patriotes.
L'on y arrêterait 1° l'organisation de la légion italienne; 2° l'on ferait unes espèce de fédération, pour la défense
commune. Ils pourraient envoyer divers députés à Paris pour demander la liberté et l'indépendance...

Je désirerais que ce congrès fut tenu le 23 du mois. Je vous prie de prendre en grande considération cet objet.
Je ferai en sorte de m'y trouver pour cette époque...
BONAPARTE

19 vendémaire an V (10/10/1796) Quartier général de Milan - Au général Baraguey d'Hilliers
"
Mon intention n'est point que les ateliers de l'artillerie soient occupés à réparer les fusils de la légion lombarde;
ayant déjà un grand nombre de fusils de l'armée à réparer. Il faut que le Congrès d'Etat soit chargé de la réparation
de leurs fusils. Il y en a plus de quatre mille ici. Fais faire une note exacte : dès qu'il y a un canon et une platine,
le reste se fait facilement; il faut établir une espèce d'atelier provisoire."
BONAPARTE

20 vendémaire an V (11/10/1796) Quartier général de Milan - Au Directoire Excécutif
"... Vous y trouverez l'organisation de la Légion lombarde. Les couleurs nationales qu'ils ont adoptées sont le vert,
le blanc et le rouge. Parmi les officiers il y a beaucoup de Français; les autres sont à l'Armée d'Italie. Le chef de
brigade est un nommé LAHOZ, Milanais: il était aide de camp du général Laharpe; je l'avais pris avec moi; il est connu
des représentants qui ont été à l'armée d'Italie, et spécialement du citoyen RITTER.
Vous trouverez ci-joint un manuscrit de l'organisation que je compte donner à la première légion italienne. A cet effet,
j'ai écrit aux commissaires du Gouvernement pour que les gouvernants de Bologne, de Modène, de Reggio et de
Ferrare aient à se réunir en congrés : cela se fera le 23. Je n'oublie rien de ce qui peut donner de l'énergie à cette
immense population et tourner les esprists en notre faveur. La Légion lombarde sera soldée, habillée, équipée par les
Milanais. Pour subvenir à cette dépense, il faudra les autoriser à prendre l'argenterie des églises, ce qui vient à peu
près un million... " .
BONAPARTE

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